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Comment partir travailler à New York : la stratégie de Lisa

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Pour vous aider dans vos recherches d’emploi ou de stage aux USA, je publie des témoignages de Français qui se sont expatriés ici.

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter Hugo qui est parti travailler à Los Angeles après avoir étudié aux Etats-Unis.

Cette fois-ci, j’ai discuté avec Lisa qui a décidé est partie vivre et travailler à New York. Elle a trouvé 1 stage et 2 emplois là-bas !

Lisa Maurice

Lisa m’a contacté il y a plus d’un an alors qu’elle était en stage à New York. Elle cherchait alors un emploi pour rester aux US après son stage.

Nous avons beaucoup échangé depuis.

Aujourd’hui, elle est Whole Sales and Marketing Coordinator chez Eurovet à New York (son Linkedin ici).

Son histoire new yorkaise a connu de nombreuses péripéties. Mais elle a toujours su rebondir avec brio !

Vous aussi, vous cherchez des offres d’emploi à New York pour les Français ? Alors lisez la suite.

Ce qu’il faut retenir de l’interview

S’y prendre à l’avance

Il a fallu 6 mois à Lisa pour trouver son emploi et re-partir travailler à New York après son stage. Car en plus de la recherche d’emploi qui peut durer plusieurs mois, il faut inclure le temps dédié à l’obtention du visa (entre 1 et 2 mois).

Bien connaitre les visas pour lesquels vous êtes éligible

Lisa a bien compris les visas de travail auxquels elle avait accès et ceux pour lesquels elle était limitée.

Notamment, après son premier visa J1 Intern utilisé pour son stage, elle ne pouvait pas passer sur un visa J1 Trainee. Il y a en effet un délai de carence obligatoire de 2 ans pour passer du J1 Intern au J1 Trainee. Elle était donc seulement éligible pour un nouveau visa J1 intern.

Privilégier le réseau

Lisa a trouvé son dernier emploi à New York grâce au réseau qu’elle avait développé sur place. C’est une des méthodes qui fonctionnent le mieux pour trouver une opportunité.

Vous n’habitez peut-être pas sur place mais êtes-vous sûr que vous ne connaissez personne aux USA ? De la famille éloignée, des anciens de votre école ? Un conseil : cherchez bien.

L’interview

Salut Lisa ! Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours jusqu’à ce que tu trouves ton premier stage aux US ?

J’ai fait une école de commerce, celle de Grenoble. Pendant mon Master, je me suis spécialisée en marketing. Et pendant mon école de commerce, j’ai eu pas mal d’expérience parce que j’ai fait une année de césure où j’ai pu faire deux stages de 6 mois.

Ensuite, j’ai fait mon Master 2 en alternance donc j’avais 2 ans d’expérience avant de partir aux US. J’ai fait mes stages plutôt dans le secteur des cosmétiques : j’ai travaillé chez L’Oréal et Clarins.

Tout ça s’est passé en France ?

Oui. En fait, je n’ai pas eu d’expérience à l’étranger pendant mon école de commerce ou même avant, donc je voulais absolument améliorer mon anglais et avoir cette expérience à l’étranger.

A la base je n’avais pas de destination particulière en tête, je voulais juste partir en Europe ou dans un pays anglo-saxon.

Mais sur Facebook, il y a un groupe dédié aux étudiants et anciens de mon école. Un jour, j’ai vu une offre de stage « Cartier New York cherche sa stagiaire pour Août ».

Bon, on était en Juillet je crois quand j’ai vu ça, donc je me suis dit : « ça va être très très compliqué ! ». Finalement, ils m’ont pris et je ne suis pas arrivée en Août mais 2-3 mois après, en novembre 2017.

Donc, je suis restée chez Cartier à New York pendant 6 mois.

La boutique Cartier à New York, sur la mythique 5ème avenue

Qu’as-tu fait chez Cartier ?

J’étais Marketing et Sales Coordinator. Grosso modo, les bijoux sont le core business chez Cartier mais moi j’étais plutôt sur les parfums. C’est une petite entité donc c’était hyper agréable. J’étais dans un grand groupe mais dans une petit business unit. On n’était que 6 personnes.

En gros, je gérais beaucoup la relation avec les department stores comme Macy’s, Nordstrom, Bloomingdale’s (les équivalents des Galeries Lafayette, nda).

Il y avait plein de projets à gérer. Par exemple, on a travaillé sur un pop-up store parce qu’il y a eu un gros lancement de produit. Je faisais beaucoup d’analyses des ventes donc c’était assez varié et hyper enrichissant.

Un exemple de pop-up Cartier

Super ! Et il n’y a pas eu de possibilités de continuer avec un emploi ensuite ?

Non pas vraiment. Il y a bien un poste VIE qui allait se libérer donc j’aurais potentiellement pu. Sauf qu’ils recherchaient une personne pour 18 mois qui serait sous un J1 Trainee et je n’étais éligible qu’au J1 Intern qui dure 12 mois maximum. Donc ça a failli se faire et puis finalement, non. J’étais bien dégoûtée parce que je comptais un peu là-dessus quand même.

Et du coup, retour en France ! Et je me dis : « Qu’est-ce que je fais ? ». Et je me suis dit : « Non mais en fait, j’ai envie de retourner à New York donc je vais m’en donner les moyens ! ». Donc je suis rentrée en juin 2018 en France et je me suis mise à chercher un job à fond !

Alors te voilà de retour en France avec l’envie de repartir. Quel type d’emploi visais-tu à ce moment-là ?

Je cherchais des VIE mais avec les contraintes de visa que j’avais (elle était éligible à un visa de 12 mois et non pas 18 mois, nda), c’était compliqué de partir vivre à New York. Je sais qu’il faut être moins exigeante quand on cherche à partir aux USA mais je ne voulais pas non plus prendre n’importe quoi pour absolument revenir aux US.

Du coup, je me suis dit : « Tu repartiras sûrement sur un J-1 parce que c’est plus facile. Si on t’offre une autre possibilité genre un E-2 tant mieux. ».

Je ne ciblais pas vraiment de secteurs en particulier. Mais je m’orientais plus vers la mode, les cosmétiques en marketing/vente.

Explique-nous comment tu as fait pour chercher une offre d’emploi à New York…

Au début, très clairement, j’ai fait ce qu’il ne faut pas faire. Et comme tu le dis d’ailleurs très bien dans ton cours, c’est-à-dire postuler aux offres comme ça sur LinkedIn de manière classique. Franchement si ça marche pour les gens tant mieux, ça n’a jamais marché pour moi. Je pense que c’est hyper compliqué.

Tu nous avais expliqué que quand tu avais recherché à recruter pour Adore Me, la boîte pour laquelle tu bosses, que tu avais publié une offre d’emploi et tu avais reçu 900 candidatures. Ta boite mail faisait juste flipper ! Donc forcément, dès que les recruteurs voient que tu as un background qui est non américain, ils se disent : « Ouais, je n’ai pas envie de m’embêter avec la paperasse etc. ». Next quoi.

Comment as-tu adapté ta méthode alors ? 

Typiquement, je me faisais une liste d’entreprise dans lesquelles je voulais travailler.

Parfois tu lis un magazine, tu te dis : « Tiens, j’aimerai trop travailler pour cette marque ». Donc je me les listais parce que tu ne penses pas à tout. Dès que j’en avais une qui me venait en tête, je le listais. Ensuite, je contactais les entreprises une à une.

Quel était ton taux de réponse ?

J’ai eu environ 10 % de retours de réponse. Ou alors peut-être 20% en incluant les « Non désolé, on ne prend pas de VIE » ou « Non désolé, on ne sponsorise pas ». Cet été, j’ai quand même souvent parlé avec des entreprises mais ça prend beaucoup de temps.  Par exemple, il y avait la marque Berluti qui avait créé un poste VIE en communication. Mais finalement, ils ont recruté une Américaine.

Puis, à un moment, il y a une personne chez Livy, une marque de lingerie, qui me dit : « Non, désolé, on ne prend que des stagiaires ». Le stage, c’était vraiment la dernière chose que je voulais faire. Finalement, 3 semaines après, elle me recontacte et me dit : « Lisa, l’assistante de mon boss vient juste de partir, on a besoin de quelqu’un ! ».

Alors, je l’ai contacté une première fois en juin, et il m’a répondu en Août ! Il faut être patient…

Le site web de Livy aux USA

Quel a été le processus d’embauche ?

J’ai passé un entretien mi-Août avec lui et il était super lent ! Il ne me répondait pas et je me suis dit : « c’est mort ! ».

Et pourtant je l’ai rappelé, et il me dit : « Si je suis toujours intéressé. Attends, laisse-moi voir avec la hiérarchie. » Et ça a pris des plombes…

Entre temps, j’étais désespérée, je voyais le temps tourner, on était en septembre. Finalement, Coty m’a proposé un stage de 6 mois. Je ne voulais pas trop le faire honnêtement mais je me suis dit que c’était toujours ça de gagné donc j’ai accepté.

Et puis quand j’annonce à Livy que j’ai dit oui à Coty, Livy me rappelle évidemment un jour après pour me dire : « C’est bon. On a envie de commencer la procédure avec toi. »

Donc tu as réussi à accélérer l’embauche avec Livy ?

Clairement. En plus, j’étais plus intéressée par l’opportunité chez Livy. C’était un job pour 12 mois et non pas 6. En plus, c’était un poste de junior et non pas un stage.

Je leur ai dit : « Il faut que je passe les entretiens la semaine prochaine. ». Je voulais bien faire patienter Coty mais il fallait qu’on aille très vite dans le processus de recrutement.

Ils en ont pris un peu conscience, j’ai refait un entretien avec lui. Après je suis montée à Paris en vitesse et j’ai eu des entretiens par téléphone avec New York. Ça a pris 2 semaines et j’ai passé 7 entretiens à peu près au total.

Bien joué ! Et Livy t’a embauché pour quel job ?

Ils m’ont embauché pour être Whole Sales and Marketing Coordinator. Donc en gros, je m’occupais de toute la relation commerciale avec les grands magasins, les department stores, et du marketing aussi.

Mes missions c’était de développer, de faire grossir la marque sur le marché américain. Il fallait ouvrir de nouveaux points de vente avec des partenaires qui correspondaient à l’image de marque.

Il fallait aussi former les employés qui sont dans les grands magasins pour qu’ils aient une connaissance de la marque, pour qu’ils soient meilleurs vendeurs. C’était tout simplement faire grossir une marque qui n’a aucune expérience aux US. super intéressant.

Livy était présent chez Victoria’s Secret.

Pourquoi as-tu décidé de quitter Livy quelques mois après ton arrivée ?

A un moment, leur stratégie a changé, notamment après l’arrêt du partenariat avec Victoria’s Secret. De ce fait, ma mission n’avait plus vraiment lieu d’être et ça ne me correspondait plus, je ne faisais plus ce qui était initialement prévu.

Donc j’ai décidé d’arrêter, c’était un commun accord. Je n’osais rien dire au départ parce qu’il fallait que je retrouve un autre emploi avant de partir.

Mais ils m’ont appelé, ils m’ont dit qu’ils voulaient arrêter. Je leur ai dit que je voulais rester aux US et qu’ils ne pouvaient pas arrêter mon contrat comme ça subitement. Le problème c’est qu’il n’y a pas de préavis aux US. Ils auraient pu me demander de quitter l’entreprise immédiatement.

Comment as-tu géré cette situation ?

Ils m’ont dit : « On te laisse 1 mois pour trouver quelque chose. Plus tu trouves vite, mieux c’est pour toi et pour nous mais on te laisse jusqu’à fin avril. »

Donc là j’ai mis les bouchées doubles et là, c’est vraiment le réseau qui m’a aidé, les connaissances, mon boss qui avait beaucoup de contacts. Donc j’ai passé pas mal d’entretiens grâce à lui. C’est grâce à une de mes connaissances que j’ai trouvé un nouveau poste à New York. D’ailleurs je me suis inscrite à She for S.H.E., je ne sais pas si tu connais ?

Le logo de la communauté

Qu’est-ce que c’est ?

C’est un réseau uniquement pour les femmes françaises qui habitent à New York. Tu paies un abonnement mensuel et tu peux assister à plein d’évènements qu’elles organisent. C’est génial en fait parce que c’est du networking mais pas uniquement.

Tu te fais des amis, des afterwork vraiment très chill et en même temps tu rencontres pleins de filles qui sont dans ton cas, avec plein de parcours différents. On est dans divers secteurs et on est vachement solidaire.

Super ! Et pour l’offre d’emploi que tu as trouvée, c’est une personne qui t’a présenté à l’entreprise ?

Exactement ! Je me suis fait présenter au CEO par une de mes connaissances. Ils m’ont reçue pour un entretien. Ils cherchaient quelqu’un rapidement et on a eu un bon feeling. Maintenant, je suis Junior Sales Account Executive pour une entreprise qui s’appelle Eurovet. C’est une compagnie qui organise des salons sur la lingerie et le swimwear à New York et à Las Vegas.

Je m’occupe de toute la relation avec les marques qui viennent exposer leur produit dans les salons. Je leur vends des espaces dans le salon et des leviers marketing. Je suis vraiment passée côté commercial. Je sors beaucoup de ma zone de confort. Mais je me suis dit : « Attends tu as eu un visa, tu as bataillé pour venir, essaie de rester au maximum, au moins jusqu’en décembre ! ».

Le salon Curve, organisé par Eurovet, à New York.

J’ai négocié mon salaire, je suis mieux payée, j’ai des vacances. Donc j’ai accepté l’offre.

Tu es bien rebombée sur tes pattes ! Tu as donc transféré ton visa J1 ?

Oui. J’ai transféré mon J-1 de Livy à Eurovet. J’ai commencé en avril et ça s’arrête fin novembre 2019. On verra à ce moment-là pour la suite. Ils m’ont dit qu’ils pourraient potentiellement me sponsoriser un visa E-2.

Félicitations en tout cas !

Merci ! Et je peux ajouter que franchement tes cours m’ont beaucoup aidée ! Vraiment !

En fait, il y a des choses que tu dis, que je savais plus ou moins et que j’ai vraiment pris conscience avec les exemples que tu donnes.

Et même, quand tu dis d’adapter ton CV en mode américain. En tant que Français, on se dit « Ok, c’est bon j’ai enlevé la photo, mon CV est américain. » Mais en fait c’est beaucoup plus que ça !

Conclusion

La plupart des Français aux USA travaillent pour le même employeur pendant plusieurs années.

Le parcours de Lisa est assez atypique car elle a dû changer d’employeur 2 fois en peu de temps.

Cela dit, elle a réussi car elle a toujours été hyper déterminée et a utilisé les bonnes méthodes. Et ça a été déterminant pour réussir à travailler à New York.

Inspirez-vous en !

Vous avez des questions sur le parcours de Lisa ou sur votre recherche d’emploi ? Laissez un commentaire et je vous répondrai !

 

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Qui suis-je ?

Qui suis-je ?

Je m'appelle Josselin Petit-Hoang et je vis à New York depuis 5 ans. Je travaille dans une startup où je gère une équipe marketing. Mes travaux ont été publiés dans plusieurs e-magazines (Digiday, eRetailer, PostFunnel) et je suis également intervenu dans des conférences (OptimoveConnect). Je suis convaincu que vivre à l’étranger nous permet de grandir personnellement et professionnellement. Je souhaite aider d’autres personnes à vivre cette expérience !

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